• Entrepreneur du mois : Brûleries Faro

    23 mars 2016Christopher Johnson

    Pour sa série Entrepreneur du mois, Assurances Multi-Risques s’est entretenue avec Maxime Fabi, copropriétaire des Brûleries FARO.

    Fière ambassadrice du café sous toutes ses formes, Brûleries FARO se distingue par son vaste éventail de produits et son expertise remarquable.

    Avec ses 6 points de vente au Québec (dont un à Sherbrooke et un à Lennoxville) et une distribution de ses produits dans plus de 40 états américains, l’entreprise est sans contredit l’un des leaders québécois dans l’industrie du café.

     

    AMR : J’aimerais connaitre les origines de l’entreprise (1982) et ce qui a incité la famille à se lancer en affaires, plus précisément dans le monde du café, de la torréfaction.  

     

    M.F. : Une opportunité s’est offerte lorsque mon père travaillait au centre sportif de Rock Forest et complétait un baccalauréat en comptabilité. C’est son amour des affaires qui l’a mené à travailler dans le domaine, bien plus que son amour pour le café. La famille Fabi est connue pour son côté entrepreneur et mon père n’y a pas échappé. Ensuite, il a grandi dans le domaine et la passion du café s’est développée avec le temps.

     

    AMR : Qu’est-ce qui vous a incité à oeuvrer au sein des Brûleries FARO au lieu de partir votre propre entreprise ?

     

    M.F. : Probablement l’urgence de relever l’entreprise à l’époque et l’inexpérience. Aujourd’hui, je ne ferais pas les choses de la même manière. L’entreprise a composé avec mes mauvaises décisions prises dans mes premières années. Je n’avais pas tous les outils que j’ai aujourd’hui. Je n’aurais donc pas eu le même succès et la même marge de manœuvre dans un startup. Cette inexpérience a été très formatrice et m’a permis d’aller de l’avant. J’ai pallié l’inexpérience par l’ardeur au travail et la discipline. Je ne crois pas que j’aurais lancé ma propre entreprise sans cette conjoncture. J’ai appris la vraie valeur du travail.

     

    AMR : Les brûleries de café sont devenues Brûleries FARO. D’où est venue l’idée de changer de nom ?

    M.F. : L’usine de torréfaction située près de l’Université se nommait Café FARO. Nous vendions beaucoup de café à différents distributeurs sous ce nom. Parallèlement, en 1999, mon père a fondé La Brûlerie de café de Québec. Il était donc logique pour moi d’ouvrir, en 2005, la succursale de Sherbrooke sous le nom La Brûlerie de café de Sherbrooke. La connotation locale nous a bien servies et a traduit le style d’entrepreneurs que nous sommes.

     

    Malheureusement, le nom était difficilement exportable. Nous avons donc opté de changer le nom de la marque par Brûleries FARO Roasting houses.  Ce changement s’est échelonné sur trois ans. Tout a été réfléchi : image de marque, ton, plan publicitaire, gestion de l’inventaire, clientèle cible, etc.

     

    AMR : Qu’est-ce qui vous différencie des autres cafés de la région ?

    M.F. : La torréfaction sur place est notre réel point de distinction. Il y a beaucoup de bons cafés et d’excellents baristas à Sherbrooke. Leur rôle est primordial pour notre type d’entreprise car ce sont les meilleurs ambassadeurs du café de spécialité.

     

    AMR : La compagnie opère des succursales à Sherbrooke, Lennoxville, Laval, Québec (et un endroit mystère à Montréal). Quel est votre processus de réflexion avant d’ouvrir une nouvelle succursale ?

    L’idée des boutiques est d’avoir un lien direct avec les clients. De vivre au quotidien les défis de nos clients est une expérience très riche en tant que torréfacteur. Nous ne cherchons pas à ouvrir des boutiques à tout prix. Au contraire ! Nous en avons déjà assez. Une chance que Valérie, Adam et Julie sont solidement en place. Ils contribuent beaucoup dans le développement et le rayonnement de la marque. Tous les cadres travaillent dans un programme de formation continue à plusieurs niveaux. L’idée est de ne pas s’endormir et de continuer à progresser. En résumé, la réflexion d’avoir des boutiques se base sur la richesse d’avoir un laboratoire vivant et des ressources humaines qualifiées pour nous aider dans notre rôle de torréfacteur.

     

    AMR : Parlez-moi de votre programme de formation continue.

    Le programme est proposé à tous les employés, les cadres comme les baristas. Nous avons un laboratoire disponible pour les employés qui veulent venir s’amuser devant la machine espresso ou apprendre à gouter du café du monde entier. De mon côté, je finis mon MBA à l’Université de Sherbrooke l’an prochain en lien avec ce programme. Après l’obtention de mon MBA, j’aimerais parfaire mes connaissances dans les pays producteurs ou améliorer mes qualités de baristas (Qui sont épouvantables actuellement !).

     

    Je ne pense pas que la formation est un luxe, mais bien une nécessité dans un monde aussi vaste et compétitif que le café. Dans cet univers, il faut être humble. L’investissement dans ses ressources humaines augmente la créativité, la qualité du service et la qualité du produit tout en favorisant la rétention des employés.

     

    AMR : Quels sont les défis de gérer une entreprise familiale ?

    M.F. : C’est à la fois un gros défi et un accélérateur de succès. Le premier défi familial quotidien se retrouve dans le ton à utiliser. Le niveau de langage est plus direct et les émotions transparaissent davantage. De plus, il y a beaucoup de compromis à faire car les objectifs personnels de chaque individu ne sont pas les mêmes au sein de la famille.

     

    AMR : Avez-vous des conseils à donner pour les entrepreneurs en devenir ?

    M.F. : En début de carrière, je regardais beaucoup les autres en essayant de changer mes méthodes. C’est bien de vouloir s’améliorer, mais il ne faut pas se dénaturer. Il faut également se doter d’objectifs personnels pour maintenir un équilibre de vie. Nous sommes tellement plongés dans notre travail que l’on peut facilement s’oublier.

     

    Si vous désirez changer quelque chose, organisez-vous pour le changer et n’attendez pas après les autres. Trop souvent, j’ai vu des entrepreneurs se plaindre des comportements des compétiteurs, des gouvernements et des facteurs extérieurs. C’est plus facile de penser que c’est la faute des autres. En réalité, nous avons tous les leviers disponibles. Avec un peu d’introspection, d’ardeur et de temps, il est possible d’arriver aux résultats souhaités. Rien n’arrivera comme vous le souhaitez si vous n’influencez pas les chances de résultats.