• Entrepreneur du mois : Innomalt

    16 avril 2018Christopher Johnson

    Pour sa série Entrepreneur du mois, Assurances Multi-Risques s’est entretenue avec Raphaël Sansregret et Pascal Viens, les deux fondateurs d’Innomalt, qui, ensemble, cumulent deux décennies de recherche universitaire. Leur mission ? Offrir des malts de qualité exceptionnelle produits à partir d’orge brassicole québécoise à des microbrasseries comme le Siboire, Moulin 7, le Refuge des Brasseurs, la Memphrée et plusieurs autres.

     

    Comment vous est venue l’idée de fonder une malterie ? C’est assez inusité pour deux chercheurs universitaires en sciences !

     

    Raphaël : Pour ma part, j’ai complété mon doctorat pour le sentiment d’accomplissement personnel que cela me procurait, et non pour les possibilités d’emploi — très limitées d’ailleurs — que cela m’offrait. Conscient que faire carrière dans mon domaine serait ardu, je me suis mis à m’intéresser à autre chose.

    J’ai entre autres fondé avec des amis un club de whisky, et je me suis dit : « Tiens, c’est ça que je vais faire : du whisky ! ». Toutefois, pour ouvrir une distillerie, j’avais besoin de matière première, et c’est donc plus logique de commencer par une malterie. C’est ce que j’ai fait. Et je suis tombé en amour avec le procédé! J’ai donc décidé de continuer sur cette voie. Au moment de choisir un partenaire, Pascal s’est présenté comme un le meilleur candidat, et de loin. Il s’est démarqué par son désir de faire grandir l’entreprise avec moi. Nous partagions la même vision.

    Pascal : Aussi, il faut dire que tous les deux, nous avons beaucoup d’entrepreneurs dans notre entourage. Nous avons donc développé la fibre entrepreneuriale un peu malgré nous !

     

    Parlons de vos études. Ensemble, vous cumulez deux décennies de recherche universitaire ! Sur quoi portaient vos recherches ?

     

    Pascal : Raphaël est détenteur d’un doctorat en biologie moléculaire des plantes, et moi, j’ai décroché une maîtrise en microbiologie avec une concentration sur les enzymes de dégradation de sucres complexes. J’en étais à l’étape d’amorcer la rédaction de ma thèse doctorale, quand, pour diverses raisons, j’ai plutôt décidé de me lancer dans l’aventure Innomalt avec Raphaël.

     

    Certains aspects de vos études universitaires vous servent-ils dans le cadre de votre entreprise ?

    Pascal : Nos études nous sont utiles dans toutes les sphères de notre entreprise ! Pour analyser les chiffres, mais aussi, pour la discipline et la rigueur qu’elles nous ont conférées, de même que la capacité à soutenir le rythme de vie effréné qui accompagne l’entrepreneuriat, lequel est assez semblable à celui des chercheurs. Nos études nous donnent aussi beaucoup de crédibilité auprès de potentiels clients et partenaires ; les gens ont confiance en nos connaissances.

     

    Outre les connaissances et les aptitudes scientifiques de ses fondateurs, qu’est-ce qui différencie votre malterie des autres ?

     

    Pascal : Nous nous concentrons sur le développement de produits adaptés à la microbrasserie. Nous avons donc développé un procédé qui permet de s’adapter aux céréales à malter et non l’inverse. Aussi, ledit procédé est très polyvalent pour nous permettre de nous adapter sans problème aux demandes des clients, mais également, à la céréale que nous utilisons — c’est la nature après tout, donc c’est chaque fois différent ! — pour obtenir un produit toujours le plus semblable possible au fil des productions.

     

    Raphaël : Pour nous, même si nous sommes une malterie artisanale, il est important d’assurer la stabilité et la qualité de notre produit en étant le plus rigoureux possible dans notre processus. D’ailleurs, notre rigueur scientifique, acquise au cours de nos études universitaires de 2e cycle, nous sert beaucoup ici. Nous l’appliquons à notre processus de production.

     

    Malgré vos horaires bien chargés, Raphaël enseigne aussi le maltage à l’Université Bishop’s pour le programme Brewing Certificate, pourquoi ?

     

    Raphaël : Parce que tu peux sortir le gars de l’université, mais tu ne peux pas sortir l’université du gars. J’ai voulu y garder un pied, mais aussi, redonner au suivant en aidant les étudiants. En plus, j’aime présenter et enseigner ! J’y prends plaisir. Je pense également qu’il y a encore beaucoup d’éducation à faire sur le malt, et l’université est l’endroit tout indiqué pour ça.

     

    Quels sont à vos yeux les avantages de faire affaire avec un courtier d’assurance indépendant ?

     

    Pascal : Nous entretenons une belle relation avec notre courtier, Ghislain, chose qui n’est pas possible lorsqu’on fait affaire directement avec une compagnie d’assurance. Il appelle même pour prendre de nos nouvelles ! En plus, comme il magasine nos assurances à notre place, c’est certain que ça nous enlève un poids sur les épaules.

     

    Raphaël : Et ça nous donne parfois droit à des billets pour aller voir le Phœnix de Sherbrooke , c’est non négligeable ! (rires)